J'AI TOUS LES SYMPTÔMES DE L'ARTISTE

Tous deux, pas sages, au milieu des sombres et fascinantes oeuvres de Jean Roulland.


   
                         
Des costumes de scène cette fois pour la compagnie du son, pour Fred Gregson et moi (!).

ça parle d'une artiste déjantée qui assassine et transforme en oeuvre. Elle nous explique ses gestes. Tout est motivé, tout trouve application puis sens. Lui est un de ceux qui croise son chemin, le dernier en date. Il est au courant, il est malgré tout fasciné. Il est tombé dans le piège pensant pouvoir y échapper...
Un récit dingue, noir, drôle écrit par Veronika Boutinova et mis en lecture musicale par la compagnie du son.

C'est une lecture pas une totale mise en situation. Et pourtant, nous sommes pris au jeu, mon partenaire et moi. Tout se mélange, le jeu, la réalité. Les interprètes, les personnages. On s'est immergé dans ce texte. On l'a goûté, décortiqué, mis à plat. Puis on l'a remonté avec nos ingrédients en plus. Une bande originale sur mesure dans le style percut-ssionniste de Fred Gregson.

J'ai eu envie de nous faire ce que j'appellerai des tenues plutôt que des costumes.. Je me suis d'abord penché sur la matière. Je cherchais un tissu chair, palot, légèrement satiné. L'idée de départ c'est effectivement de confectionner nos vêtements respectifs dans le même tissu. Ah c'est conceptuel !? Hum...Conceptuel ou pas, je voulais par là montrer leurs liens, leurs similitudes. Alors je suis partie à la chasse et j'ai arrêté mon choix sur un taffetas vieux rose aux reflets bleu clair métallique. Le coté à la fois sobre et habillé de cette matière me plaisait. Je voulais que la couleur soit froide, qu'elle mette un peu mal à l'aise, une couleur qui se confonde avec la peau, le corps  (remarquez la sinistre et dégoutante touche-tache sur le bas de la robe)... Je lui ai fait une chemise et elle une robe simple relativement ajusté, rien de trop flatteur. Ces costumes, vieux restes de fringues réservés aux sorties, ici en l'occurrence aux vernissages de ses expos, représentent sa "gloire" et leurs existences passés autrefois vivantes. Ils ont basculé dans un monde clos et asphyxiant, où plus rien ne se renouvelle, tout tend inexorablement vers la mort.

Et voilà, on se glisse dans ces tenues et, dans la peau d'un autre, on entre en scène.
Pendant une heure, on joue à se faire peur. La musique est notre garde-fou.

La très belle affiche ci-dessus et nos autres supports de com. ont été réalisés par the great Wincent Jozefczyk, graphiste-patron de LAPATACOM (lapatacom@gmail.com).

Au centre Veronika Boutinova, l'auteur.
Sous ses airs de fée inoffensive, une terrrrrrible plume.
Et les interprètes admirablement photogéniques.
Fred faisant justement grincer l'archer...hin hin hin hin.





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